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Ben Ali regrette les troubles en Tunisie et accuse les médias étrangers

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Dans un discours télévisé adressé au peuple tunisien, le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a regretté mardi 28 décembre les événements de Sidi Bouzid (centre-ouest), en proie à des troubles sociaux.

"Le point de départ de ces événements est un cas social dont nous comprenons les circonstances et les facteurs psychologiques et dont les conséquences sont regrettables" a-t-il déclaré sur la chaîne nationale TV7.

La région de Sidi Bouzid est en proie à des troubles sociaux à la suite de la tentative de suicide de Mohamed Bouazizi, un vendeur ambulant de fruits et de légumes qui s'était fait confisquer sa marchandise par la police municipale, n'ayant pas les autorisations nécessaires. Le jeune homme s'était aspergé d'essence pour s'immoler par le feu. Cet incident a provoqué une vague de manifestations dans cette région, à vocation agricole et où le taux de chômage est élevé. Des affrontements violents ont opposé des manifestants et des agents des forces de l'ordre, faisant un mort, deux blessés et des dégâts matériels importants, selon le ministère de l'intérieur.

Le chef de l'Etat s'est rendu mardi après-midi au chevet de Bouazizi, alité au centre médical des grands brûlés à Ben Arous, près de Tunis, et il a reçu au palais présidentiel la mère de ce jeune homme ainsi que d'autres familles de la région de Sidi Bouzid. Dans son discours, M. Ben Ali a dénoncé "l'ampleur exagérée qu'ont pris ces événements à cause de leur instrumentalisation politique par certaines parties qui ne veulent pas le bien de leur patrie et recourent à certaines chaînes de télévision étrangères qui diffusent des allégations mensongères sans vérification et se fondent sur la dramatisation (…) et la diffamation médiatique hostile à la Tunisie".

PROTESTATION DU SYNDICAT DES JOURNALISTES

Ben Ali a mis en garde "une minorité d'extrémistes et d'agitateurs à la solde d'autrui et contre les intérêts de leur pays [qui a] recours à la violence et aux troubles dans la rue comme moyen d'expression". "C'est un aspect négatif et anticivique qui donne une image déformée de notre pays et entrave l'afflux des investisseurs et des touristes, ce qui se répercute sur les créations d'emplois, alors que nous en avons besoin pour réduire le chômage", a-t-il souligné, affirmant que "la loi sera appliquée rigoureusement contre ceux-là".

Auparavant, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a dénoncé le "blocage médiatique" qui a accompagné le début des événements de Sidi Bouzid. "Le bureau exécutif du SNJT exprime sa profonde indignation face au blocage médiatique qui a accompagné le début des événements de Sidi Bouzid, ce qui a ouvert la voie à des interprétations et des rumeurs en l'absence d'une information précise", a-t-il précisé dans un communiqué transmis à l'AFP.

Le SNJT a condamné les "empêchements" et "entraves" auxquels se sont heurtés des journalistes, dont certains ont été agressés durant l'exercice de leur métier. Mais le syndicat a aussi condamné le recours de quelques médias étrangers, notamment Al-Jazira, à "l'amplification et la déformation des faits dans leur couverture des événements sociaux légitimes et pacifiques". Le syndicat a appelé tous les journalistes et les organes médiatiques "à se conformer aux principes de l'éthique professionnelle".

(Le Monde)