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Côte d'Ivoire: des manifestants dénoncent la "passivité" de l'ONU

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Plusieurs centaines de manifestants, des femmes en majorité, ont marché dans les rues du centre-ville de Bouaké (centre), réclamant une intervention onusienne.

Alors que le camp Gbagbo accuse l'Onuci (Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire) d'armer les combattants du "commando invisible", c'est au tour des pro-Ouattara de fustiger les forces onusiennes... Mais pas pour les mêmes raisons. Des centaines de partisans d'Alassane Ouattara, président ivoirien reconnu par la communauté internationale, ont en effet manifesté ce mercredi à Bouaké (centre) pour protester contre la "passivité" de l'ONU. 

Plusieurs centaines de manifestants, des femmes en majorité, ont marché du centre-ville à la base locale de l'Opération de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci), située à la sortie sud de la ville, fief de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) qui tient le nord du pays depuis son putsch manqué de 2002.

Sur des pancartes, on pouvait lire "ONU: la Libye, pourquoi pas la Côte d'Ivoire? Sauvez-nous, aidez-nous", "ONU: Côte d'Ivoire-Libye, pourquoi 2 poids, 2 mesures?" ou encore "Il n y a pas de pétrole en Côte d'Ivoire mais il y a des vies humaines".

Dans une motion adressée à l'Onuci, Jacqueline N'guessan, une responsable locale du camp Ouattara, a demandé à l'ONU "d'appliquer le devoir d'ingérence" pour protéger les civils et "mettre hors d'état de nuire" les "miliciens recrutés par Laurent Gbagbo".

"On massacre les Ivoiriens devant l'Onuci. Nous protestons contre cette attitude", a pour sa part déclaré Pégabila Silué, président de la Coordination nationale des jeunes pour la démocratie (Conajed).

Dans un mémorandum établi à la demande d'Alassane Ouattara, les avocats Jean-Pierre Mignard et Jean-Paul Benoit font état d'"une détérioration gravissime de la situation en République de Côte d'Ivoire faisant apparaître des crimes de nature à être déférés à la Cour pénale internationale (CIP)." Ils appellent la CIP à "se saisir dès maintenant pour faire la lumière sur les évènements déjà connus et d'autres à prévenir." Fatou Bensouda, procureur adjointe chargée des poursuites près la Cour pénale internationale, a affirmé le 5 mars dernier: "Si les choses continuent à ce niveau-là, je pense que la CPI va agir très vite, sur saisine des Nations unies ou non."

Le camp Ouattara multiplie depuis quelques jours les critiques envers l'Onuci, exhortant la mission onusienne à "passer à l'action" et à "user de la force légitime" pour protéger les populations civiles prises dans les violences. La crise post-électorale a déjà fait près de 440 morts, selon l'ONU.

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pourrait demander à l'ONU d'aller plus loin dans sa réponse à la crise ivoirienne, a indiqué ce mercredi le président nigérian Goodluck Jonathan à l'ouverture d'un sommet ouest-africain consacré en partie à la Côte d'Ivoire, qui se tient jusqu'à jeudi.

(L'Express)